Cours et séminaires 2020-2021

, par Ingrid Pichon

Cours de spécialité : « Art vidéo et performance, 1960-2020 »
Morgan Labar – S1
Niveau : initiation et au-delà.
6 ECTS
Validation : mini-mémoire
LE MARDI DE 9 H à 11 h, salle des Actes.

Ce cours se veut une introduction aux pratiques d’art vidéo et de performance qui émergent dans les années 60 et 70, aux réseaux et circuits dans lesquels elles prennent place (espaces d’exposition, revues, réseaux d’art postal), aux enjeux esthétiques et institutionnels du développement de telles pratiques. On abordera aussi bien des pratiques marginales et peu connues que celles qui sont désormais canoniques. On interrogera la porosité entre ces pratiques expérimentales et la culture mass-médiatique. L’histoire du happening et de la performance dans les circuits de l’art contemporain est intimement liée à celle du théâtre d’avant-garde (Claire Bishop). On a moins parlé, en revanche, de l’importance du divertissement télévisé dans le développement de telles pratiques. Dans cette perspective, on s’interrogera sur le « cross-over » dans les années 80, passage d’une scène artistique restreinte à des circuits plus commerciaux (stand-up ou télévision), qui devient l’un des principaux questionnements, à la fois esthétique et professionnel, des artistes pratiquant vidéo et performance. On prolongera la réflexion jusqu’aux pratiques les plus récentes.

 

Séminaire "autochtonie, hybridité, anthropophagie"
Morgan Labar - S1 et S2
Niveau : étudiants avancés et étudiants débutants curieux
6 ECTS année ou 3 ECTS semestre.
Validation : S1 : rédaction d’une note critique autour d’un ouvrage et/ou présentation orale / S2 : organisation et participation à la journée d’étude.
Un mercredi sur deux, 10h-12h30, salle WEIL / Journée d’étude au S2

Prochaines séances : 23 septembre, 7 et 21 octobre, 4 et 18 novembre, 2 et 16 décembre 2020.

Ce séminaire a pour objectif d’interroger la place des identités indigènes (vocabulaire américain) ou autochtones (vocabulaire canadien) au sein des mondes de l’art Au Canada les musées réservent des sections entières aux artistes désignés comme « autochtones ». En Australie les cartels d’expositions mentionnent « artistes aborigènes » non seulement pour les peintures de « rêve » traditionnelles mais également pour des installations telles qu’on en trouve dans les biennales internationales d’art contemporain. On cherchera donc à comprendre ce qui se joue dans la revendication de pratiques à la fois autochtones et inscrites dans les circuits de l’art contemporain globalisé.
La question ne se limitant pas à des enjeux de représentativité, on accollera à autochtonie les termes « hybridité » et « anthropophagie » (en référence au Manifeste Anthropophage d’Oswald de Andrade), de sorte à interroger l’invention de pratiques et d’identités labiles. De Jimmie Durham au collectif australien Hot Brown Honey en passant par Kent Monkman, Tracey Moffatt, Rosanna Raymond, Lisa Reihana, Lemi Ponifasio ou Greg Semu, ce séminaire entend déplacer la focale des questions institutionnelles vers celles des processus créatifs, des identités assignées vers les pratiques par lesquelles l’individu s’auto-désigne.

 

 

À la découverte des arts de l’ailleurs (1)
Nadeije Laneyrie-Dagen – S1
Niveau : tous niveaux : débutants et plus avancés
6 ECTS semestre.
Validation : S1, bref mémoire rédigé
2h/semaine au S1, salle des actes, MARDI 11h/ 13 h

Une exploration du « goût de l’autre », entre curiosité, incompréhension, dégoût – et goût. Une histoire de la découverte par l’Occident d’autres horizons que lui-même, depuis – pour ce premier semestre - l’époque des Découvertes jusqu’au XIXe siècle. Par « ailleurs », on entend donc un ailleurs géographique, diversifié au fil des curiosités successives : il sera question de sujets aussi divers que les tapis ottomans, les ivoires afro-portugais, l’orfèvrerie et les « plumasseries » amérindiennes au XVIe siècle ; on évoquera les pièces, de nouveau en ivoire, indo-portugaises au XVIIe ; les « chinoiseries », la passion pour la laque et la porcelaine au XVIIIe siècle ; mais on évoquera aussi, au XIXe siècle, le goût pour une Antiquité « autre », l’Egypte – dont on verra comment ses œuvres se lient, plus tard, à l’interprétation des celles de l’Afrique – et le Maghreb de Delacroix. Dans ce fil de l’orientalisme, on n’oubliera pas la vogue des arts de l’islam, mais on passera du temps, ensuite, sur le japonisme,et tout autrement sur le primitivisme, à travers Gauguin. Il s’agira de conclure – pour développer ce thème exclusivement au semestre 2 – avec la découverte des « fétiches » africains. Bien sûr, on ne tentera pas d’étudier chacun des arts évoqués, mais on souhaite susciter la curiosité des étudiants, en parlant précisément de la « réception » de ces arts, autrement dit de l’accueil qui leur a été fait en Europe, et de la transformation, le cas échéant, des œuvres, à cause de ce succès.

 

À la découverte des arts de l’ailleurs (2)  
Nadeije Laneyrie-Dagen – S2
Niveau : tous niveaux, débutants et plus avancés
6 ECTS semestre.
Validation : S1 : bref mémoire rédigé
2h/semaine au S1, salle des actes, MARDI 11 h / 13 h

Dans le prolongement du semestre 1, mais se situant aussi dans la continuité du cours sur les arts classiques africains délivré au S2 de l’année 2019-2020, ces séances porteront sur l’Afrique, en se concentrant sur les œuvres, point de départ systématique des séances. Il sera question ce semestre d’arts anciens (arts « classiques », donc, avec le défaut certain de cette dénomination) mais aussi d’œuvres d’aujourd’hui, autrement dit d’artistes, contemporains, travaillant en Afrique ou appartenant à la diaspora africaine. Le cours sera à plusieurs voix, grâce à la participation de Marguerite de Sabran, chercheuse et experte en art africain classique, et de Yaelle Biro, conservatrice des arts de l’Afrique au Metropolitan Museum de New York et, pour la seconde année, Professeure invitée à l’Ecole. Il n’est pas impossible que des artistes viennent parler de leur travail, ou, selon le nombre d’étudiants, que nous nous rendions dans des ateliers.

 

 

 

 

Séminaire de tutorat en histoire de l’art
Nadeije Laneyrie-Dagen et Morgan Labar - S1 et S2 
S1 et S2 6 ECTS / semestre
Niveau : Séances réservées aux Normaliens spécialistes d’histoire de l’art
, des débutants aux doctorants. Enseignement conseillé en particulier à ceux qui envisagent de préparer le concours de l’INP.

CHAQUE DEUX SEMAINES SELON CALENDRIER PRÉCISÉ A LA RENTRÉE, LE MARDI DE 14 A 16 H (16 H 30 LE CAS ÉCHÉANT). SORTIES POSSIBLES (EN MUSÉE, EN GALERIE). EN OCTOBRE, EN MAI : COLLES, ET SEANCES PERSONNALISEES SI BESOIN (PREPARATION AU CONCOURS DE L’INP)

Ces séances ne sont pas « obligatoires », mais fondées sur le volontariat. Il s’agit d’abord de faire se rencontrer les étudiants spécialistes d’histoire de l’art, jeunes et plus confirmés, travaillant sur des sujets et des périodes diverses – et l’on veut faire en sorte que les enseignants, dans une classe restreinte (12 personnes environ – même en dehors de toute préoccupation liée au virus) connaissent vraiment « leurs spécialistes »… et réciproquement. On entend aussi « mettre au travail » ceux-ci, et les accompagner dans ce travail : ces séances ne sont pas des cours. Au gré des deux enseignants, selon les vœux et les besoins des participants, il s’agit de discussions sur des événements d’actualité (expositions, articles, circonstances du marché), de repérage parmi les journaux, émissions, blogs ; ou de lectures de texte – le principe, dans les trois cas, étant d’abandonner une approche et un « ton » (plan en trois parties, etc.) académiques. Les séances peuvent aussi être pragmatiques : il s’agit d’accompagner les candidats au concours de l’INP, dans les épreuves écrites et orales (les participants eux-mêmes, alors, sont susceptibles de se constituer en jury).

À cause de cette diversité de sujets, et de méthodes, l’assistance aux séances doit être choisie. En fonction de l’assiduité, la validation à 6 ECTS / année, ou 6 ECTS/ semestre.

CALENDRIER :

SEMESTRE 1
mardi 29 septembre : Salle Weil
mardi 6 octobre : Salle Histoire
mardi 20 octobre : Salle Weil
mardi 3 novembre : Salle Weil
mardi 17 novembre : Salle Weil
mardi 24 novembre : Salle Weil
mardi 8 décembre : Salle Weil
mardi 15 décembre : Salle Weil

 
SEMESTRE 2
Mardi 19 janvier : Salle Weil
Mardi 26 janvier : Salle Weil
Mardi 9 février : Salle Weil
Mardi 16 février : Salle Weil
Mardi 16 mars : Salle Weil
Mardi 23 mars : Salle Weil
Mardi 30 mars : Salle Weil
Mardi 6 avril : Salle Weil
Mardi 13 avril : Salle Weil : cette séance est à confirmer

 

Cours méthodique d’histoire de l’art et/ou préparation INP
Nadeije Laneyrie-Dagen (S1), Morgan Labar (S2), avec la participation de Charlotte Guichard (février) S1 et/ou S2

Niveau : cours d’initiation pour débutants, mais conseillé éventuellement sur plusieurs années à ceux qui se destinent au concours de conservateur de musée, surtout s’ils ne sont passés ni par la licence d’histoire de l’art, ni par l’Ecole du Louvre.
6 ECTS/semestre.
Validation : devoir intermédiaire éventuel (court) et mini-mémoire.

LE JEUDI DE 10 H à 12 H 30 au LOUVRE et Amphi RATAUD/EVARISTE GALOIS.
1ère séance le JEUDI 24 SEPTEMBRE en AMPHI RATAUD / EVARISTE GALOIS, le 5 novembre en Amphi EVARISTE GALOIS.
S2 : salle Weil
Comme les autres années, le but de ce cours est une initiation méthodique aux grands courants, aux artistes majeurs, de l’histoire de l’art occidental. En ce sens, il offre une contrepartie à la « découverte des arts de l’ailleurs » proposée chaque mardi en 2020-2021. Le propos est de baliser le savoir – d’y mettre de l’ordre. Il est aussi de ne jamais simplifier à l’excès. Chaque année, la méthode est différente. Chaque deux ans, nous allons au musée ; l’état sanitaire permettra ou non de tenir ce cours devant les œuvres cet automne puis durant l’hiver. Chaque année d’autre part, l’objet est distinct, pour permettre à des étudiants de revenir et préciser, ou élargir, leurs connaissances. Au musée ou à l’ENS, Nadeije Laneyrie-Dagen se concentrera au semestre 1 sur le XVIe et le XVIIe. Au S2, Charlotte Guichard, puis Morgan Labar, prendront le relai, pour la période couvrant les XVIIIe (sur ce siècle, voir le séminaire de C. Guichard, Culture visuelle des Lumières) au XXe siècle (pour la période tout à fait contemporaine, voir les cours de M. Labar). On se servira de textes quelquefois, et beaucoup des œuvres : il s’agit moins d’apprendre des faits, que d’apprendre à regarder, à comprendre, à aimer en sachant pourquoi ou à détester pour de bonnes raisons. Le cours est exigeant, le numerus clausus (22 personnes), conditionné par une pré-inscription en septembre (écrire à laneyrie-dagen@ens.fr) exige qu’il soit suivi avec assiduité, tout au moins le long d’un semestre.

 

 

Cultures visuelles des Lumières. Regards sur l’actualité au dix-huitième siècle.
Charlotte Guichard (IHMC/ENS) – S1
10h-13h le mercredi en salle d’Histoire
S1, 6 ECTS.
Validation : rédaction d’un dossier autour d’une ou plusieurs images. Rendu le 5 janvier.

Le Mercredi, de 10h à 13h, les 23 septembre, 7, 14 et 28 octobre, 4 et 18 novembre, 2 et 16 décembre 2020.

Comment l’actualité était-elle mise en image au dix-huitième siècle ? Quel statut peuvent avoir ces images, aujourd’hui, pour l’historien ? Ce cours entend réfléchir à la puissance des images, dans un monde où celles-ci deviennent moins rares et plus efficaces, et où elles participent activement à la fabrique visuelle de l’actualité dans l’espace public. La modernité critique des Lumières est en effet indissociable de productions visuelles nouvelles qui vont changer la manière de voir le monde.

Destiné aux historiens et aux historiens de l’art, ce cours prendra la forme d’un atelier à partir de dossiers d’images : on étudiera l’irruption du présent dans le temps de l’image (bulle spéculative de Law, guerre d’Indépendance américaine), les refontes d’un espace public des images (les statues royales, la censure des images), le temps des Autres (fabrique de l’exotisme et actualité impériale). On réfléchira à la circulation et à l’appropriation de ces images, mais aussi à la censure voire à la destruction qui pouvaient s’exercer sur elles. Aucune connaissance préalable n’est nécessaire, si ce n’est un solide intérêt pour les images et leur histoire.

 

 

L’objet artistique. Matières, contextes, regards.
Charlotte Guichard et Etienne Anheim (EHESS) - S1 et S2 (insécables)
Validation : assiduité et mini-mémoire (rédaction d’une note critique autour d’un ouvrage).
Le Vendredi, de 11h à 13h. [Les 6 et 20 novembre 2020, 4 et 18 décembre 2020 ; 8 et 22 Janvier ; 5 et 12 Février, 5 et 19 mars, 2 et 16 avril. ]

Qu’est-ce qu’un « objet artistique » ? Cette question rappelle la longue tradition de la pensée philosophique depuis le XVIIIe siècle, ainsi que les réflexions plus récentes menées dans le domaine anthropologique ou sociologique. La notion d’objet d’art correspond aussi à une catégorie classique de la muséologie. Pour sa deuxième année, le séminaire a le projet de confronter ces traditions et ces démarches à une analyse à la fois historique, matérielle et visuelle. On réfléchira à la manière dont, au cours de la production des artefacts, la rencontre des savoir-faire et de la matière circonscrit – ou pas – le domaine de l’objet artistique, selon les époques, les techniques ou la nature des matériaux. Mais il s’agira également de s’interroger sur la manière dont les objets sont transformés, remodelés, exposés, pour devenir, au cours de leur vie sociale, des « objets artistiques ». Cette interrogation sur la trajectoire des objets relèvera ainsi tant de la temporalité que de la spatialité (l’objet « artistique » est-il un concept purement européen, peut-il être globalisé et à quelles conditions ?). Nous ferons alterner présentations de travaux en cours et séances méthodologiques et historiographiques liées à des lectures.