Journée d’études - 25 mai : Pratiques artistiques du désœuvrement en Europe entre 1945 et 1975

, par Morgane THRO

Mardi 25 mai : 9h45 - 16h30

Salle des Résistants (45 rue d’Ulm) / En ligne

Lien pour suivre la journée en ligne

ID de réunion : 835 7778 7016

Premier moment d’une réflexion qui propose de renouveler les discours sur l’oisiveté en art depuis 1950 (colloque international « Désœuvrer  » prévu à l’automne 2021 à l’ENS-PSL, aux Beaux-Arts et à l’Ecole du Louvre à Paris), cette journée d’étude prend pour objet les pratiques artistiques du désœuvrement entre 1945 et 1975 en Europe.

« Ne travaillez jamais  ». L’injonction tracée à la craie sur les murs de Paris en 1953 par le jeune Guy Debord, reprise comme mot d’ordre par les étudiants et les grévistes de Mai 68, résonne aujourd’hui avec une acuité particulière. Le ralentissement et la suspension du travail ont permis d’interroger dans des proportions nouvelles un modèle de société fondé sur l’accumulation de richesses et cause d’une crise écologique inévitable, ouvrant des champs de réflexion et de création jusque-là marginaux et peu explorés.

Premier moment d’une réflexion qui propose de renouveler les discours sur l’oisiveté en art depuis 1950 (colloque international « Désœuvrer » prévu à l’automne 2021 à l’ENS et à l’Ecole du Louvre à Paris), cette journée d’étude prend pour objet les pratiques artistiques du désœuvrement entre 1945 et 1975 en Europe.

La notion de désœuvrement y sera abordée comme une activité autant qu’une attitude (héritée du dandysme) qui implique paradoxalement le ralentissement ou l’arrêt total de la pratique, comme une posture de refus, un acte de résistance face aux exigences de productivité et de travail de l’artiste comme de tout individu. Penser la question de l’improductivité artistique, incitera aussi à poser, par contrecoup, celle de l’activité et du statut de l’artiste dans la société ainsi qu’à envisager ce qui structure les mondes de l’art : institutions, réseaux de diffusion, circuits de production, marché.

Des jeunes Surréalistes désœuvrés dans le Paris des années 1950 au refus de toute une génération d’artistes « d’exercer leur art comme on tient boutique » (Jean-Christophe Bailly) dans les années 1960, jusqu’à l’abandon total de leur pratique au moment de Mai 68, le contexte de l’après-guerre, puis l’essor de la société de consommation ont inauguré une période nouvelle : la paresse et l’improductivité sont devenues des éléments centraux dans le processus créatif.

Responsabilité scientifique :

Armance Léger (ENS-PSL, ED 540, EA 7410 SACRe) et Morgan Labar (ENS-PSL, département des arts / EA 7410 SACRe)

Contact : morgan.labar@ens.psl.eu et armance.leger@gmail.com

 

Programme de la journée

9h45 Accueil des participant*es et du public

10h Introduction (Morgan Labar et Armance Léger)
Matinée 10h – 12h30
Modération Déborah Laks (CNRS)

10h15 – 10h55
Le désœuvrement chez Alain Jouffroy et sa "société secrète" dans le Paris d’après-guerre
Marine Nédélec (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)

10h55 – 11h35
Refuser « d’exercer son art comme on tient boutique » : le désœuvrement volontaire de Daniel Pommereulle
Armance Léger (ENS / PSL)

11h35 – 11h50 PAUSE

11h50 – 12h30
D’un désœuvrement anonyme. Une génération de peintres dans les années 68
Killian Rauline (École du Louvre)

DÉJEUNER

Après-midi, 14h30 – 16h30
Modération Morgan Labar (ENS)

14h30 – 15h10
Prenez un chewing-gum Émile (Wolf Vostell, Alina Szapocznikow, Hannah Wilke et François Morellet)
Camille Paulhan (Ensba Lyon)

15h10 – 15h50
« Ne travaillez jamais » : relectures féministes et contemporaines d’un slogan bien connu
Emmanuel Guy (Treize, Paris)

15h50 – 16h30
Discussion générale et conclusion de la journée