Nadeije LANEYRIE-DAGEN

, par Morgane THRO

Nadeije Laneyrie-Dagen

 

Professeure d’histoire de l’art au département ARTS de l’École Normale Supérieure, département qu’elle dirige, et spécialiste de peinture.

Ses intérêts portent sur la fin du Moyen Age et le début de l’époque moderne, sur les rapports arts / sciences, notamment l’anatomie et la médecine, mais elle aborde volontiers ces questions ou d’autres, en les considérant sur le long terme.

Elle a dirigé pour la France un programme international sur la physiognomonie (quatre colloques : les deux premiers colloques sont consultables sur le site de l’Ens, page Diffusion des savoirs), et un autre sur les rapports entre l’âge et la création artistique (deux colloques et une école d’été, qui ont donné lieu à un ouvrage collectif, L’art au risque de l’âge, et à un numéro de la revue Communication).

Elle a contribué à fonder, en 2012, la formation doctorale SACre (Sciences Arts création Recherche, ED 540 / PSL), qu’elle a dirigée puis codirigée jusqu’en 2020. 

 

FORMATION ET DIPLÔMES

 

1975 : Ecole Normale Supérieure de Sèvres.

1981 : Agrégation d’histoire.

1985 : Docteure de troisième cycle en histoire et histoire de l’art : « La représentation de la ville en Toscane sur les peintures à fresque et les panneaux de bois, 1300-1450 » (direction Pierre Toubert et André Chastel).

2003 : Habilitation à diriger des recherches : « Le peintre premier savant ? Les quatre éléments dans la peinture de la fin du Moyen Age et du début de la Renaissance » .

 

CARRIÈRE

 

1981-1982 : Enseignante dans le secondaire (Ecole active bilingue).

1982-1984 : Pensionnaire de la Fondation Thiers.

1984-1989 : Éditrice (aux Éditions Larousse).

1989-1994 : Maîtresse de conférences en histoire de l’art à l’université de Lille III.

1994-2003 : Maîtresse de conférences en histoire de l’art au sein du département d’histoire de l’ENS.

2003-2004 : Professeure d’histoire générale de l’art à l’École nationale supérieure des beaux-arts.

Depuis 2003 : Professeure d’histoire de l’art à l’Ens.

N. Laneyrie-Dagen a également enseigné à l’École nationale du Paysage à Versailles, et à l’École Polytechnique.

 

Direction de travaux :

Elle a dirigé une HDR, est garante pour une autre (à soutenir), a dirigé ou co-dirigé et fait soutenir une dizaine de thèses, et en encadre actuellement 4 autres (deux sont à soutenir au printemps 2022).

 

 

Autres charges et distinctions :

Nadeije Laneyrie-Dagen a dirigé la collection « Ateliers imaginaires » chez Scala, elle est ou a été membre du CA de PSL, membre du CA de l’EnsBA, membre du Conseil de rédaction de Perspective, membre du bureau du Réseau international pour la Formation à la Recherche en Histoire de l’art (« écoles internationales de printemps », et membre du CNU (22eme section). Elle a été auditionnée par l’Assemblée nationale sur la question du voile, et consultée par le Haut Conseil de l’éducation artistique et culturelle.

Elle est officière des Palmes académiques, et chevalière de la Légion d’honneur.

 

Expertises et intérêts :

Les recherches de Nadeije Laneyrie-Dagen portent notamment sur la fin du Moyen Age et la Renaissance, avec un intérêt pour les Flandres et l’Italie. La question de la mimèsis, c’est-à-dire de la perception et de la restitution imitatives du monde par les artistes à ce moment-là, l’ont longtemps retenue. Comment voit-on le corps, mais aussi la nature – les éléments que sont l’eau, l’air, la terre, le feu - au XIVe et au XVe siècles, comment élabore-t-on un vocabulaire pictural propre à les représenter ? Bref, comment s’invente une sensibilité au réel, et comment se donne-t-on les moyens d’en donner une image convaincante ?

Ses recherches débordent souvent le seul cadre chronologique de la Renaissance. Expérimentant depuis trois décennies le contact avec des artistes, elle apprécie d’écrire ou de parler sur l’art d’aujourd’hui : elle est l’auteure d’introductions à des catalogues, concernant des artistes femmes — Agathe May (graveure), Françoise Vergier (sculpteure), Iris Levasseur (dessinatrice, peintre), Florence Reymond (peintre), Nazanin Pouyandeh (peintre) — mais non seulement : sa dernière contribution à un catalogue, en 2021, est consacrée à l’artiste béninois installé en France Roméo Mivekanin.

 

L’enseignement de Nadeije Laneyrie-Dagen est porté par l’intuition que l’approche historique et contextualisée, si elle est indispensable à la bonne compréhension des œuvres, risque, si elle est menée seule, d’être desséchante. Le sentiment que l’art du passé est et doit demeurer actuel la conduit à construire des ponts entre la création d’aujourd’hui et les œuvres d’hier, ou d’avant-hier. Les artistes vivants d’aujourd’hui seront morts demain, et ceux qui sont morts ont été à un moment bien vivants : leur manière de vivre et de travailler a rarement dû correspondre à celle des monstres sacrés que les dictionnaires, manuels et catalogues prétendent nous donner à connaître.

Une autre conviction de Nadeije Laneyrie-Dagen porte sur la nécessité de briser les frontières entre le savoir expert et la divulgation au grand public. Cette certitude implique l’écriture de textes destinés à ce public, c’est-à-dire à ce qu’on appelle diffusion des savoirs : la vulgarisation, de vulgus, le commun des mortels. D’où la rédaction de manuels : Lire la peinture, Histoire de l’art pour tous, L’ailleurs dans l’art pour les professeurs du secondaire.

Parce que l’histoire de l’art est une discipline dont la rigueur scientifique est indispensable, mais où la démonstration risque de borner quelquefois la possibilité de parler d’un monde, Nadeije Laneyrie-Dagen s’est essayée aussi à l’écriture romanesque : avec prudence d’abord, et en demeurant dans le cadre de son expertise artistique : Léonard de Vinci, Posthumes, éditions Scala, 2011, réédité en 2019 sous le titre Le dernier voyage de Léonard ; puis en déplaçant son intérêt sur une vision plus large d’une époque, avec L’Etoile brisée, en 2021, chronique de deux frères juifs dans le monde exaltant et troublé des environs de 1500 ?

 

 

PRINCIPALES PUBLICATIONS

 

 

LIVRES PERSONNELS

 

L’invention du corps, La représentation de l’homme du Moyen Âge à la fin du XIXe siècle, avec le conseil scientifique de Jacques Diebold, professeur de médecine, Paris, Flammarion, 1997 (réédité en poche, collection Tout l’art, 2006).

Lire la peinture, I, Dans l’intimité des œuvres, 1998, II, Le Métier d’artiste), Paris, Larousse, dernière réédition 2019 (éditions dans une dizaine de langues).

- Pierre Paul Rubens, Théorie de la figure humaine, édition préfacée et annotée, Paris, Éditions Rue d’Ulm, 2001. 

Rubens, Paris, Hazan, 2001.

Rembrandt, monographie, Larousse, Paris, 2006.

L’Invention de la nature. Les quatre éléments ou l’imaginaire cosmique dans la peinture européenne de la fin du Moyen Âge, Flammarion, Paris, 2008 (réédition en poche, collection Tout l’art, 2010).

Le Louvre. Détails vus, Paris, La Martinière, 2009. 

- Histoire de l’art pour tous, Paris, Hazan, 2011(réédition 2021).

L’ailleurs dans l’art, Poitiers, CNDP, 2012.

Léonard de Vinci, Posthumes, Éditions Scala, 2012 (réédité dans une version modifiée, en 2020).

- Animaux cachés, animaux secrets, Paris, Mazenod-Citadelles, 2016.

- L’argent dans la peinture, Paris, Mazenod-Citadelles, 2020.

- L’Étoile brisée, roman, Paris, Gallimard, 2021.

 

 

CONTRIBUTIONS A DES OUVRAGES COLLECTIFS (depuis 2010) :

 

2010 : Chapitre sur la beauté à la Renaissance dans La Beauté, sous la direction de Georges Vigarello, 2010.

 

2011 : Chapitres I et II de L’Enfant dans la peinture, avec Sébastien Allard et Emmanuel Pernoud, « Lorsque l’enfant paraît, la fin du Moyen Age » et « Enfant réel ou adulte en devenir, La Renaissance et l’époque classique », pp. 27 à 192, Paris, Citadelle et Mazenod, 2011

« Le témoignage de la peinture », in Histoire de la virilité (sous la direction d’Alain Corbin, Jean-Jacques Courtine, Georges Vigarello), volume 1. L’Invention de la virilité. De l’Antiquité aux Lumières, pp. 363-399, Paris, Seuil, 2011.

 

2015 : La toilette, naissance de l’intime, catalogue de l’exposition au Musée Marmottan-Monet, en collaboration avec Georges Vigarello. Nadeije Laneyrie-Dagen été, avec Georges Vigarello, commissaire de cette exposition.

 

2021 : L’âge au risque de l’art, CNRS, actes du colloque de Paris - Venise 2017, co-direction avec Caroline Archat.

 

 

PRINCIPAUX ARTICLES, PRÉFACES, ET COMMUNICATIONS (depuis 2006) 

 

2006 : La Magie, Rome, Académie de France : Communication au colloque « L’art de la Renaissance entre science et magie » (Centre d’Histoire de l’Art de la Renaissance, Paris I Panthéon-Sorbonne) : « La représentation des éclipses dans la peinture (1300-1600) : autour du thème de la Crucifixion », Actes du colloque, éditions Champion.

« Peindre l’eau : la représentation de l’eau aux XIV-XVe siècles », Actes du colloque, Les Eaux, Presses Universitaires de Nantes, en 2006 sous la direction de Jackie Pigeaud.

« Histoire du corps : recension des volumes publiés au Seuil », revue Critique. 

« [Lire] la peinture ? », revue Europe, pp. 97 – 108.

 

2007 : « Le bleu des Primitifs », communication au colloque de La Garenne-Lemot organisé sous la direction de Jackie Pigeaud, actes, éditions universitaires de Nantes.

« Nains et goitres dans la peinture : une tradition contrastée », communication au colloque Physiognomonie de la Renaissance, ENS (en vidéo sur Diffusion du savoir, ENS)

« Mantegna et les éléments : une affirmation de la Terre ferme italienne ? », communication au colloque Histoire de l’art et comparatisme, actes du colloque, éditions de l’Académie de France à Rome, actes du colloque, Rome, Villa Médicis..

 

2008 : « La peinture, une affaire d’hommes ? », PerspectiveRevue de l’INHA, 2007, n° 4, « Genre et Histoire de l’art », pp. 585-601.

 

2009 : Le Visage, contribution à l’ouvrage collectif issu d’interventions sur France Culture, édité par Raphaël Enthoven, Paris, Perrin.

« Regards croisés sur la gymnastique antique : l’écrivain, le peintre, le graveur », communication au colloque Comparatisme de La Garenne-Lemot organisé sous la direction de Jackie Pigeaud (parution des actes aux éditions universitaires de Nantes, prévue à l’automne).

« L’Italie de la Renaissance », contribution à 100 000 ans de beauté, Paris, Gallimard / L’Oréal Fondation, 2009.

 

2010 : « Une histoire de moulins à vent » pp. 135-153, in Daniel Arasse, historien de l’art, introduction Danièle Cohn, Paris INHA/ Les éditions des cendres, actes du colloque de 2006 à l’INHA.

Relevé d’audition et de discussion, pp. 590-598, In Rapport d’information n’° 2262, Voile intégral : le refus de la République, André Gerin président, Eric Raoult rapporteur, Assemblée nationale, XIIIe législature, Paris, DIA 06 / 2010.

 

2013 : « Peindre la mer », l’Archicube, l’Océan et ses défis, Paris, ENS, 2013.

 

2014 : « Le portrait et la physionomie » in La représentation du corps à la Renaissance, Actes du colloque de Nancy, 31 mai-1er juin 2013, organisé sous la direction scientifique de N. Laneyrie-Dagen, Péristyle, revue des amis du musée des beaux-arts de Nancy.

 

2016 : « Projection physiognomonico-politique ou exploration des confins humains ? nains et bêtes dans les portraits princiers à la Renaissance », communication au colloque international Animals at Court, 8 - 10 décembre 2016, Munich (communication non publiée).

 

2017 : « La beauté et la science : amours déçues, faux amis ? », intervention à paraître dans les actes de la « Journée Georges Bram » organisée par le département de chimie de l’EN)S le 27 janvier 2017 (communication non publiée)

"Notre inventif Rubens" : invention et codification dans le portrait d’apparat rubénien, essai, in Rubens, Portraits princiers, catalogue de l’exposition du Musée du Luxembourg, sous la direction de Dominique Jacquet ; Paris, RMN, 20117, pp.50-62.

 

2018 : "L’animal artiste, l’artiste-animal", in L’Animal, notre histoire, Artpress, numéro spécial, 48 (mai-juillet), pp. 40-48.

"Copie, faux et original : réflexion sur une construction précaire", in Raison présente, 2018 / 3, n° 207, pp. 9-23.

Préface : Détenues, Bettina Rheims, 2018, avant-propos de Robert Badinter, Gallimard, collection Blanche, Paris. L’ouvrage a servi de catalogues aux expositions de Vincennes (février - avril 2018) Cadillac (juin - novembre 2018) et Marseille (janvier 2020).

 

2019 : "Trompe l’œil et monnaie de singe : les artistes et les premiers billets", in Revue de l’art, 2019-4, n°206, "Art et valeur", pp. 51-59.

 

2020 : "Intérieurs confinés : œuvres anciennes et sens nouveau au temps de la covid", in L’ Archicube, revue des amis, anciens élèves et élèves de l’ENS, n° 29, "Ce que disent les images", ENS/PSL, Paris

 

2021 : "Titien : la vieillesse au pluriel", in L’art au risque de l’âge, actes du colloque de Paris - Venise 2017, pp. 223-225, CNRS éditions.

"Âges de la vie et peinture de soi", Communications n°109, automne 2021, Les arts et les âges de la vie (revue publiée par les éditions Le Seuil et l’IIAC, Institut interdisciplinaire du contemporain, Paris).

Préface à Marina Seretti, Endormis - le sommeil profond et ses métaphores dans l’art de la Renaissance, de Marina Seretti, les Presses du réel. (https://www.lespressesdureel.com/

 

2022 (parution prévue en février) : 

"La femme au bras levé", in Peintures et figures de nus dans la littérature de l’Antiquité à la Renaissance, Actes du colloque des 22-24 novembre 2018 à la Sorbonne (http:// www.semen-l.org/wp-content/uploads/2018/10/Programme-ColloquePeintureNus-161018-2.pdf), sous la direction d’ Émilie Séris, collection Renaissance emblématique, PUR et PUFR.

"L’apprentissage de l’œil : les frères Goncourt à Florence", in Florence ville d’art, et les Français, Actes du colloque en l’honneur du Professeur Alain Mérot (colloque tenu en septembre 2018 à la villa Finaly à Florence), sous la direction d’Emmanuel Lurin et Anne Lepoittevin, à paraître en 2022, Campisano Editore, Rome.